Guider une personne malvoyante ou aveugle
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4 mai 2009, 22:16
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Découverte il y a peu, je vous propose aujourd'hui une excellente vidéo présentant la technique à suivre pour guider une personne déficiente visuelle. La vidéo n'est pas très longue et extrêmement instructive. A regarder (ou à lire, via le transcript) de toute urgence !
Vidéo (sous-titrée)
Source : Vidéo technique de guide par Grégoire Guillot, Jacques-Olivier Souttre et Joël Olekhnovitch (sur le site source, la vidéo est proposée en version sous-titrée ou audio-décrite).
Un peu de lecture
En guide de complément, quelques extraits de "Le chemin vers la nuit, devenir aveugle et réapprendre à vivre" par John Hull.
Pour m'aider, les gens saisissent la canne, la dirigent vers l'obstacle et tapent en disant
là. Ils auront tendance, par exemple, à frapper les marches d'un escalier. Je leur fais doucement remarquer que, si je ne tiens pas moi-même la canne, je ne peux pas recevoir l'information dont j'ai besoin.Lâcher la canne, s'il vous plait, dis-je, et laissez-moi simplement tenir votre bras.Les gens considèrent spontanément la canne comme une sorte de bâton de marche. Quelque chose qui aide à soutenir. On ne pense pas d'emblée que c'est un instrument de perception sensorielle, une façon de recueillir des informations sur les alentours.
Transcript
Accrochez les wagons, technique de guide des déficients visuels
Joëm : Bonjour, je m'appelle Joël, je suis très mal voyant. Et nous allons vous présenter la technique de guide. Donc, je vous présente Grégoire qui est un éminent professionnel. Il est instructeur de locomotion. Un instructeur de locomotion c'est une personne qui apprend aux mal-voyants ou aux aveugles à se déplacer dans la rue en sécurité. Cette technique peut servir à tout le monde. Puisque vous pouvez être en situation. Vous pouvez rencontrer dans la rue, dans le métro, n'importe où, une personne mal voyante ou aveugle. Et cette personne peut avoir besoin d'aide.
Grégoire : Donc, la première des choses que vous devez faire c'est déjà de demander si la personne a besoin d'aide. Ce n'est pas parce qu'une personne déficiente visuelle attend au bord d'une rue, qu'elle a vraiment besoin d'aide. Elle attend seulement son tour pour traverser. Donc première des choses c'est de demander si la personne a besoin d'aide. Souvent, quand on aide une personne déficiente visuelle, on arrive en arrière, on prend son coude et on la pousse. Et là justement, la personne se trouve face aux obstacles et ça ne la rassure pas du tout malgré qu'on ait envie de bien faire.
(Joël est poussé par un passant)
Grégoire : Voyez, Joël a pris naturellement cette position parce qu'il sait très bien que quand il se met en arrière de moi, il est en sécurité. C'est à dire que la personne qui est derrière, la personne qui est guidée, sait toujours qu'elle est à un pas de retard par rapport au guidant. Ça la met énormément en sécurité parce que si on avance vers quelque chose qui lui fait peur, elle sait très bien qu'elle ne va pas tomber tout de suite.
Joël : Oui, je vais tomber après...
(rires)
Grégoire : Donc, une fois que la personne a compris et qu'on s'est bien positionné, on peut partir.
(Grégoire guide Joël en marchant devant lui. Joël lui tient simplement le bras.)
Grégoire : Comme vous avez pu remarquer quand on guide une personne, on doit respecter une allure. Il ne s'agit pas d'aller trop vite, ni trop doucement. Et pour savoir ça, on demande régulièrement à la personne si l'allure lui convient. L'allure va être aussi très importante, parce que c'est ce qui va permettre de mettre en éveil la personne. Si vous marchez à une vitesse correcte, avec une allure qui est toujours moyenne, et que d'un seul coup vous ralentissez, la personne qui est derrière ça va la mettre en alerte et elle va savoir qu'il va se passer quelque chose.
(Grégoire et Joël abordent un léger relief.)
Grégoire : Donc, on est dans une allure, on fait un petit ralentissement ce qui permet de mettre la personne en éveil. On aborde le relief.
(Grégoire monte, Joël accroché à son bras le suit.)
Grégoire : On va vous montrer maintenant une autre application du ralentissement qui va être suivi cette fois-ci d'un arrêt... et en l'occurrence, au bord d'un trottoir ou au bord d'un escalier. Donc première chose, vous êtes en train de marcher. Vous allez casser votre allure pour créer un ralentissement et donc ça va prévenir la personne qui est derrière qu'il va se passer quelque chose. Et ensuite, vous allez faire l'arrêt au bord du relief.
(Grégoire s'est arrêté puis descend le trottoir. Joël ressent le relief et suit Grégoire en sécurité. Pour le trottoir montant, Grégoire fait un arrêt complet devant le trottoir et monte, Joël comprend et le suit. Grégoire guide Joël vers un escalier montant, il fait un arrêt complet et s'engage. En haut, il vérifie que Joël n'a plus de marches à gravir et fait un arrêt pour lui indiquer la fin de l'obstacle. Il reprend sa marche. Nos deux compères abordent la descente des marches. Ils s'arrêtent.)
Joël : Pour la descente, c'est exactement la même chose que pour la montée. Il faut s'arrêter avant et il faut s'arrêter en bas. Comme ça, je sais exactement qu'on va commencer et je sais exactement qu'on est arrivé.
(Grégoire guide Joël en descendant les marches, quand Joël est en bas, ils font un court arrêt et reprennent la marche.)
Joël : Ce qui est bien dans la technique de guide c'est quatre points. Le premier, c'est que je me sens en sécurité parce que je suis derrière. Le deuxième, c'est que le terrain est anticipé par le guide. Le bras va faire effet de levier. Donc à chaque fois que le guide monte ou descend, je vais le sentir et je serai prévenu des différences de relief. Ça a un autre avantage aussi. C'est que le guide n'a pas besoin de m'indiquer ce qui se passe. On peut discuter de ce qu'on a fait aujourd'hui, de ce qu'on fera demain, de tout et de rien. On peut ne rien dire. On peut faire cinq kilomètres si on fait une rando, sans parler, comme une rando normale. La technique de guide se suffit à elle-même, parce que c'est une technique corporelle. Je vais sentir les mouvements du corps du guide. Donc ça c'est le troisième point qui est très important, c'est que je peux parler. C'est plus sympa quand même. Et puis le dernier point, c'est que si pour une raison ou une autre, je ne me sens pas en sécurité, je peux lâcher. Je ne suis pas contraint par quelqu'un qui me tient par derrière. Comme ça, je peux me libérer quand je veux. Et puis après on discute, et puis on reprend.
Grégoire : Quand vous guidez une personne dans la rue vous allez être souvent confronté à la situation de passage étroit. Donc, il va falloir faire comprendre à la personne qui est guidée qu'elle doit se placer derrière vous. On fait une manœuvre toute simple. On place son bras derrière son dos, la personne se décale et vous pouvez passer tranquillement en ayant ralenti auparavant, dans ce passage étroit. Et quand c'est terminé, vous ramenez votre bras et la personne revient aussi.
(Grégoire guide Joël sur un trottoir, pour croiser une personne Grégoire place son bras derrière son dos et Joël se met derrière lui. Ils arrivent devant une table avec des chaises.)
Grégoire : Pour présenter une chaise à une personne déficiente visuelle, on serait toujours tenté de lui expliquer l'orientation de la chaise par rapport à elle, et on se complique la vie. En fait, il faut tout simplement prendre la main de la personne, lui présenter le dossier, et c'est la personne qui va orienter sa chaise, découvrir et s'asseoir.
(Joël s'assoie en confiance.)
Grégoire : En conclusion, on peut dire que vous êtes en charge de la personne qui est derrière vous. Ne l'oubliez pas.
Joël : Ce qui est très sympathique avec cette technique, c'est que vous pouvez l'apprendre à tout le monde. Elle est très simple. Vous pouvez l'apprendre à vos proches, à vos parents, à vos élèves, à vos collègues et à vos amis.
(Grégoire et Joël sont sur un quai de métro, face à une rame en attente. Le premier indique par un arrêt la montée dans le wagon, ils montent tous les deux. Grégoire place la main de Joël sur la strapontin et les deux s'assoient sur leurs sièges respectifs.)
Générique : Un film de Joël Olekhnovitch, Grégoire Guillot, Jacques-Olivier Souttre. Musique : Pascal Dessein. Audiodescription : Anne-Sophie Duguay.
Commentaires
Commentaire 1. Le 4 mai 2009 à 22:17, par Sébastien Delorme
Commentaire 2. Le 5 mai 2009 à 21:25, par Victor Brito
Commentaire 3. Le 18 août 2009 à 23:25, par meroze
Commentaire 4. Le 1 septembre 2009 à 16:39, par joandlulu
Commentaire 5. Le 1 septembre 2009 à 19:07, par Sébastien Delorme
Commentaire 6. Le 29 septembre 2009 à 21:28, par perrine
Commentaire 7. Le 30 septembre 2009 à 07:46, par Sébastien Delorme
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